Autour de Léda – Une histoire de femme

8 10 2011

Erstein Lectures Théâtralisées au musée Wùrth

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La compagnie «Les Yeux comme des Hublots» a présenté au musée Würth une lecture théâtralisée du premier épisode de Femmes/Frauen librement inspiré par les oeuvres d’Anselm Kiefer. Le public arrive, le hall du musée se remplit peu a peu et d’élégantes hôtesses d’accueil distribuent à l’envi quelques lettres signées Leda Burdy. Visiblement intrigués, les visiteurs lisent attentivement ce poème tragique qui égrène le compte à rebours qui précède la mort d’une femme.

Les violences faites aux femmes
Mais qui est Leda Burdy ? Quel est le responsable de cette déchéance ?
C’est ce
cheminement que raconte Magali Mougel dans Leda, Matériaux d’une devoration, première partie d’une série de poèmes dramatiques consacrés aux violences faites aux femmes, dont elle est l’auteure. Texte admirablement interprète par deux comédiennes de la Cie «Les yeux comme des Hublots», Claudia Pellarin-Raveau et
Muriel Brzeznicki.
Leda est hôtesse d’accueil
dans la société Egon Framm, elle est souriante, efficace, d’une courtoisie à toute
épreuve. Elle accueille par vocation. Plus vraies que nature guidant les spectateurs à travers les salles du musée, les deux comédiennes lisent, interprètent et théâtralisent le beau texte de Magali Mougel. Comme Leda elles sont élégantes, charmantes, jamais fatiguées. Elles sourient par devoir jusqu’à l’apparition d’Egon Framm qui sans ménagement signifie à sa collaboratrice qu’elle ne correspond plus aux exigences du marché. Leda est surprise puis anéantie, sa taille 42 devient problématique en face du 34, chiffre parfait que préconisent les nouvelles normes de l’entreprise.
Sanctionnée pour son apparence, Leda entreprend une série de régimes, se soumet à la chirurgie esthétique, alterne purges et liposuccion, se fait poser un anneau gastrique, raboter les côtes jusqu’à ce que son corps se décharne sous le coup de la
souffrance.
Alors sentant la fin approcher,
elle décide d’aller hanter le sommeil d’Egon Framm, lui faire conscience du  mal qu’il a
fait. Sans doute aura-t-il quelques remords ?
Ce n’est pas sûr, mais Leda, elle, avant de mourir, aura retrouvé un peu de sa dignité de femme.

La forêt d’Anselm Kiefer
Pour raconter la déchéance de Leda Burdy, Magali Mougel a été inspirée par les tryptiques de forêt d’Anselm Kiefer. «Ce fut un plaisir de travailler avec ces oeuvres incroyables, dit-elle. On peut s’y intégrer, traverser comme Leda cette Forêt-Noire, prélude à son agonie» Le spectacle a été chaleureusement applaudi, les spectateurs ont eu un peu de mal à quitter la salle. Cette lecture a interpellé tout un chacun car il pose le problème de violences économiques qui touchent tout le monde mais les femmes plus durement encore.

L.A. – Dna 24 septembre 2011


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